Michel SAVATTIER

Sur l’inexplicable attitude d’être.
Le tableau dans son concept est imprégné des moments importants de la vie. Peut-être un peu trop marqué à ce qui touche la sensibilité de l’artiste. Ce que j’appelle les tensions de l’âme. Sorte d’instabilité qui nous hante quand, à l’atelier, on veut reprendre le travail. Pris comme dans un étau entre l’envie de peindre et les idées confuses de ce que l’on voudrait exprimer. Ce peut-être une couleur, une matière, un signe.

 L’engagement c’est de ne pas trahir ce que l’on a à dire, et de faire dans l’instant avec son lot d’interrogations. L’aventure est totale, hasardeuse, fragile.  Structurer l’espace tout en laissant flotter son imaginaire.

En fait c’est assez proche d’une écriture poétique. L’artiste, à sa façon, témoigne du quotidien, cette position existentielle le préoccupe, il doit exister au présent, dans l’instant, tout de suite, dans cette poésie de l’étrange où les mots, les accents se placent pour rythmer la composition. « TRANCHES DE VIE », un seul titre qui pourrait justifier cette présence frontale visuelle et mentale.

Le non-figuratif… détourné par le signe, suggère des réalités qui le rend parfois en limite de la figuration. Les codes et les abstractions sont plus profondes que l’urgence du geste. Les significations mentales et gestuelles sont présentes partout y compris dans la matières, la couleur, l’écriture graphique.

Difficile de parler des instants d’inquiétude de la créativité lorsque l’on doit passer à l’acte. Nous devons nous méfier de nos pulsions , c’est au gré d’une synthèse des opposés, au-delà des compromis conjoncturels que se fonde l’autonomie, l’exigence d’être artiste.
                                                                                                                  Michel Savattier. Février 09